Le développement durable, une nouvelle religion ?


Si ce devait être le cas, ce serait la mort d’une belle idée. L’expression « développement durable » est elle déjà mise à mal par faute d’usage abusif et inapproprié, la transformation du concept en une sorte de religion du 21ième siècle en marquerait la mort ou la perversion ultime. Pas de religion sans sectes, pas de religion sans dogme, et par ailleurs aucune religion n’est réellement universelle, dimension qu’il faudra à une stratégie telle que le développement durable pour durer et être utile.

Pourtant, à y regarder de plus près, le développement durable a déjà ses grands prêtres (je ne donnerai pas de noms), ses thuriféraires (ONG, agences internationales), ses intégristes (certains mouvements conservationnistes), et ses hérétiques, comme ces grands groupes internationaux qui s’en servent pour camoufler leur véritable nature et leurs véritables activités (c’est aussi le cas de nombreuses personnalités en politique).

Cette réflexion est tirée d’un ouvrage collectif publié par l’IRD (Institut de Recherche pour le Développement), intitulé « Développement durable ? Doctrines, Pratiques et Evaluations ».

Le constat est qu’il faut d’urgence revenir aux fondamentaux du concept, qui repose sur :
-   Un aspect téléologique, ou projet : Assurer le développement et le bien être des populations actuelles, sans compromettre celui des générations futures ;
-   Un aspect multidimensionnel, intégrant l’économie, le social et l’environnement comme critères d’évaluation et comme guides des politiques de développement aujourd’hui et pour l’avenir.

A un niveau plus fin, on doit donc pouvoir travailler efficacement sur des sujets tels que : équité, égalité des chances, accès à l’éducation, aux soins, accès à des conditions de vie permettant un réel épanouissement des personnes, au-delà d’une simple survie, et préservation de l’ensemble des ressources naturelles et « services écologiques » pour l’avenir : Biodiversité, fertilité des sols, eau, air, climat, etc.

Malgré la générosité et la réelle vision du concept, le péché originel du développement durable est sans doute de n’avoir pas pris en considération, ou en tout cas pas suffisamment, le partage Nord - Sud des ressources et l’aspiration des populations du Sud à un meilleur niveau de vie et donc de développement.

Cette dimension globale du développement durable, et la responsabilité qui en découle, peuvent être écrasante, on le comprend bien, pour les décideurs et les acteurs du développement, à quelque niveau que ce soit. On voit bien aussi ce que cette responsabilité, et le difficile arbitrage entre des aspirations souvent contradictoires peuvent avoir de bloquant. Et on comprend alors qu’il soit plus aisé de déclamer sur un mode incantatoire « développement durable », plutôt que de traduire cette stratégie en actes concrets.

Pour rendre cette stratégie de développement durable applicable, il est nécessaire de lui associer des méthodes de mise en œuvre, et des outils pratiques et simples à mettre en œuvre. Qu’il s’agisse de vulgariser et d’adapter ceux qui existent déjà, ou d’en inventer de nouveaux. C’est peut être là la principale attente des nombreuses bonnes volontés, et elles ne manquent pas, pour passer concrètement à l’action.

De cette approche méthodologique, et des outils au service du développement durable, il sera largement question à l’avenir sur Noolithic.

A bientôt,

Les autres éditos :

-  Appel à vocations
-  Les indics dans la balance
-  Tous acteurs, tous responsables
-  Pour arrêter de parler de développement durable



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