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Emmanuel DELANNOY

 

Mercredi 23 juin 2004

 

Edito : D.D. comme Développement Durable ou Dilemme Difficile?

 

Loin des « Yaka » ou des « Yfaudraikon », le développement Durable pose fréquemment des questions difficiles à résoudre, et obliqe parfois à des remises en causes et à des choix cornéliens.

 

Au passage, l’expression « développement durable » souffre beaucoup en ce moment, du fait d’une utilisation à tort et à travers, par des gens plus ou moins sincères. J’espère qu’il ne rejoindra pas la gouvernance, pourtant un des termes clés de l’agenda 21, dans la cohorte des mots et expressions morts par mésutilisation. Faudra-t-il un jour inventer un nouveau mot pour dire la même chose ?
Quel gâchis ce serait !

 

Pour revenir au sujet de cet article, les dilemmes et les choix difficiles, le cas de l’énergie est assez exemplaire : Il n’existe pas, et je pense qu’il n’existera jamais (voilà pour les illusionnistes et les marchands de rêves), de moyens propres et indolores de produire de l’énergie. Le choix se limite à essayer de limiter les inconvénients, et opter pour les nuisances les moins pérennes. Exemples : Le nucléaire n’émet pas de Gaz à Effet de Serre, mais lègue en cadeau aux générations futures des déchets radioactifs à longue durée de vie, avec lesquels nos descendants vont bien devoir se débrouiller. Les éoliennes ne produisent ni déchets ni gaz, mais, outre qu’elles ne produiront probablement jamais plus de 15 à 20% de nos besoins en énergie (mais ce serait dommage de s’en priver, à mon avis), elles ont selon leurs détracteurs l’inconvénient de prendre de la place et de se voir de loin !

 

Oui, mais l’hydrogène, mais la fusion nucléaire, etc ? Je pense que toute prometeuses que puissent être certaines nouvelles technologies, nous devons prendre des décisions et agir dès aujourd’hui, avec les techniques dont nous disposons. Sans négliger l’effort de recherche, mais sans se reposer sur les espoirs que cette même recherche peut susciter.

 

Sur cette question des dilemmes et des choix difficles, j’ai été frappé ces derniers jours par un exemple dans un tout autre domaine. En marge d’un article dans LIBERATION sur le COARTEM, médicament prommetteur dans la lutte contre le paludisme, et issu de la médecine traditionnelle chinoise, se posait la question de l’acceptabilité du DDT dans le cadre de la panoplie de lutte contre ce fléaut, qui tue encore un million d’enfants par an en Afrique.

 

Le DDT, reconnu dangereux pour l’environnement et neurotoxique, à été interdit dans la plupart des pays industrialisés dans les années 70, notamment suite au livre remarquable de Rachel Carson « Silent Spring » (Le printemps silencieux). Cette molécule a entre autres inconvénient d’être très stable et bioaccumulable, ce qui fait qu’en remontant la chaîne alimentaire ou la retrouvait dans des proportions alarmantes dans les tissus gras des oiseaux et des mamifères. L’Afrique du Sud, sous la pression des mouvements écologistes, a dû elle aussi se résoudre à renoncer au DDT.  Résultat : 8 fois plus de morts du paludisme après seulement 4 ans (Les moustiques avaient développé une résistance aux nouveaux insecticides).

 

La question est là : Connaissant les méfaits immédiats et à long terme du DDT, que répondez vous à cette mère africaine qui préfère avoir une petite quantité de DDT dans son lait que de voir mourir ses enfants ? Selon Richard Tren , de l’ONG Africa Fighting Malaria, « le lobby des environnementalistes tue tous les jours des bébés africains ! ».

 

Aujourd’hui, l’utilsation du DDT, à faible dose et avec les précautions nécéssaires pour ne pas contaminer le milieu, est à nouveau autorisée pour les problèmes de santé publique, notamment par la convention de stockholm, et elle est même préconnisée par l’OMS dans le cadre de la lutte contre le paludisme.

 

Evidemment, les doses n’ont rien à voir avec les tonnes de DDT larguées par hélicoptère ou par avion par les fermiers des pays riches avnt l’interdiction !

 

La mort dans l’âme, je suis bien obligé de reconnaître que l’utilisation du DDT, dans le cadre de la lutte contre le paludisme, est aujourd’hui encore nécessaire, dans l’attente d’une solution alternative que la recherche nous fournira peut être un jour. Mais nous devons prendre des décisions et agir aujourd’hui aves les technologies dont nous disposons.

 

La morale de cet exemple édifiant : Bien mesurer les enjeux, dépassionner les débats, et privilégier une approche intégrée prenant en compte des mesures d’accompagnement et les précautions nécessaires, en bref : accepter la complexité plutôt que de se réfugier derrière des décisions binaires, évidemment plus facile à prendre.

 

Quel sera le prochain exemple ?

 

 

Dimanche 8 Mai 2004

 

Edito : Appel à vocations

 

Nouveau métier : « Ingénieur de la vie et du développement durable ».

 

L’expression n’est pas de moi, elle est de Lothaire Zilliox dans le texte d’une conférence sur l’eau, dans le cadre de l’Université de tous les savoirs (13 Octobre 2000).

 

Qu’attend-on de ces ingénieurs de la vie et du développement durable ?

 

Qu’ils soient des généralistes plutôt que des spécialistes. Qu’ils soient capables d’une vision globale, intégrée, plutôt que d’une vision réductionniste. Qu’ils réagissent à leur environnement, et qu’ils interagissent avec chacun. Qu’ils soient créatifs et concrets, et qu’ils apportent des solutions nouvelles. Qu’ils soient les catalyseurs des compétences de l’entreprise ou de leur administration.

Qu’ils soient des professionnels citoyens, responsables, plutôt que des militants.

 

Ces ingénieurs de la vie et du développement durable devront travailler dans des environnements complexes, en permanente mutation. Il se doivent d’être réalistes, parce qu’on attend d’eux des résultats concrets, mais conscients de la gravité des enjeux de notre société et de l’urgence de la situation.

 

Ils existent déjà : Ils sont ingénieurs, qualiticiens, managers, et ont compris que l’entreprise du 21ième siècle vit non seulement de ses clients, mais aussi de ses interactions avec l’ensemble de la société et de l’écosystème mondial. Il leur reste maintenant à prendre conscience de leurs atouts et à s’organiser, autour de leurs valeurs et de leur éthique.

 

Tout un programme pour une formation de troisième cycle : A quand un Mastère Spécialisé « Ingénieur de la vie et du développement durable » ?

 

Emmanuel Delannoy

 

 

Samedi 8 Mai 2004

 

Info : Signature de l’appel de Paris contre les pollutions chimiques

 

La mobilisation contre les pollutions d’origine chimique, notamment contre les composés organiques de synthèse bio-accumulables, gagne du terrain. 76 personnalités parmi lesquelles des chercheurs, médecins, cancérologues, écologues et philosophes, dont de nombreux « nobelisés », ont signé ce vendredi 7 mai, à l’Unesco, un appel contre les effets dévastateurs des pollutions chimiques.

 

Cet appel dénonce les effets de ces pollutions sur la santé humaine, notamment sur les jeunes enfants et sur la fécondité. Il appelle les autorités nationales et internationales à lutter contre ces pollutions, par l’application du principe de précaution, là où les risques sont mal connus et maîtrisés, et par des efforts de préventions (interdiction) contre les molécules dont les effets nocifs sont clairement identifiés.

 

A rapprocher d’une autre information récente : Le WWF a fait subir un test à 39 députés européens pour détecter les molécules chimiques présentes dans leur organisme : Les résultats sont édifiants : De 40 à 50 substances nocives présentes chez chacun des testés, en quantités souvent faibles, mais ces molécules sont stables et accumulées tout au long de la vie, et dans certains cas des taux particulièrement élevés on été constatés.

 

Plus d’info :

 

Le Figaro : http://www.lefigaro.fr/sciences/20040508.FIG0149.html

Le Monde : http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3226,36-363974,0.html

Libération : http://www.liberation.fr/page.php?Article=203645

L’Express : http://www.lexpress.fr/info/sciences/dossier/pollution/dossier.asp

Le site du WWF : http://www.wwf.fr/sanscom.php

 

 

Mercredi 5 Mai 2004

 

Info : Charte de l’Environnement

 

Bonne nouvelle en perspective : Il semble que l’UMP ait finalement « apprivoisé » la charte de l’environnement (à moins que ce ne soit l’inverse ?), ouvrant la voie à une adoption définitive par le congrès. A suivre avec vigilance…

 

Et on verra les traductions qui en seront faites dans la loi et dans les actes. Mais c’est toujours un pas dans le bon sens. Et c’est bon à prendre par les temps qui courent.

 

 

Lundi 3 Mai 2004

 

Edito : Qui veut la peau de la Charte ?

 

Quand je lis ça et là les arguments des opposants à la charte de l’environnement, et en particulier à l’article 5 relatif au « principe de précaution », je trouve souvent des arguments du type (en substance) :

 

-         La charte va ruiner l’économie française …

-         Le principe de précaution va bloquer toute possibilité d’innovation …

 

Je suis bien embêté, car il me semble que ces arguments, quand on lit le texte in extenso, et qu’on fait le minimum d’effort pour le comprendre, ressemblent beaucoup à de la mauvaise foi … Ce que je ne peux même pas concevoir venant d’aussi éminentes personnalités.

 

Il est vrai que l’administration elle-même se mélange souvent les pinceaux en confondant principe de précaution et prévention.

 

Alors m’est revenue en mémoire une phrase souvent entendue le soir des dernières élections régionales : « Les français n’ont pas compris la réforme, nous devons maintenant prendre le temps de mieux leur expliquer, de faire de la pédagogie ».

 

Bon sang, mais c’est bien sûr ! C’était donc ça : les français, et notamment leurs élites économiques, n’ont pas compris la charte.

 

Que ne voit-on pas alors le gouvernement, la majorité parlementaire et sénatoriale déployer des trésors de pédagogie pour prendre la défense de ce texte ?

 

Monsieur le président, vous qui avez tant voulu cette Charte de l’environnement : « La Maison brûle, et nous regardons ailleurs ». Où êtes vous ?

 

Pour soutenir la charte : http://www.pourlacharte.org/

 

Emmanuel Delannoy

 

 

Samedi 1ier Mai 2004

 

Edito : Les technologies du vivant et nous et nous et nous …

 

Le monde dans lequel nous vivrons demain se prépare aujourd'hui. Qu'on le veuille ou non, les technologies du vivant vont fortement contribuer à le façonner, jusqu'à modifier nos repères. Nous devons aujourd’hui réfléchir à des questions telles que :

 

- Qu'est ce que le vivant ?

- Qu'est ce que l'humain ?

- Où sont les frontières ?

- Jusqu’où peut on aller ? Dans quel objectif ? Pourra-t'on revenir en arrière ?

- Y a t'il encore quelque chose de "sacré" dans le vivant ?

- Pouvons nous prendre part au jeu de l'évolution, dont nous sommes nous même issu, l'influencer et le modifier ?

 

Mais nous devons aussi nous poser des questions sur les finalités des technologies du vivant :

 

- Peuvent elles aider à résoudre les cas de grande détresse humaine : faim, maladies, douleur,
stérilité ?

- Quelle humanité et quelle citoyenneté pour demain, dans un monde transformé par les apports de ces technologies ?

 

Et surtout :

 

- Que pouvons nous faire ? Comment les citoyens que nous sommes peuvent s'informer, essayer de comprendre, agir et réagir ?

 

A nous de faire l'effort de nous informer, et de comprendre. Le meilleur comme le pire peut en sortir, le choix nous appartient. Nous ne pourrons jamais en tout cas dire : "je ne savais pas".

 

Quelques liens pour vous aider dans ce travail d'information :

 

La revue en ligne "Vivant" : www.vivantinfo.com

 

La news letter Info Veille Service : http://www.ivs-info.com/ 

 

Infogm : Veille citoyenne sur les OGM 

 

Le site du CRII-GEN 

 

Bonne lecture, bonne réflexion

 

Emmanuel Delannoy