Noolithic
Accueil
Définitions
Prestations
Archives
Plan du Site
Voir aussi : Le blog !

CV
Emmanuel Delannoy

Edito
Tous acteurs, tous responsables
Pour arrêter de parler de développement durable

Ethique et D.D.
Ethique ?
Quels défis pour l’éthique dans notre société technologique ?

Biotechnologies
La cause des biolinuxes
Biotechnologies et développement durable

Energie
Quelle énergie pour demain ?
Politique énergétique et développement durable

Transports
Quels transports, pour quelle société ?
La tête et les jambes
Comment sortir de la voiture ?

Agriculture
Une révolution verte pour l’Afrique ?

Biodiversité
Au loup !
Espèces vivantes de tous les pays, unissez vous !

La tête et les jambes


Certes, l’homme n’est pas le seul animal à créer et utiliser des artefacts. Certains chimpanzés utilisent des brindilles taillées et calibrées pour capturer les termites, ou se fabriquent des « marteaux » et des « enclumes » pour casser des noix. D’autres exemples existent dans le règne animal. Mais l’homme est certainement le seul, jusqu’à preuve du contraire, à concevoir et fabriquer des artefacts pour se déplacer.

Hors, si nous sommes selon Vercors des « animaux dénaturés », serions nous dénaturés à ce point qu’il nous est impossible de nous déplacer sans aucun artefact, qui plus est individuel ? (Pas question de voyager avec des gens que je ne connais pas, voyons !).

Sans doute faut il réhabiliter la marche à pied. Ce moyen de transport a permis à nos lointains ancêtres Homo Sapiens, et avant eux à leurs encore plus lointains ancêtres Homo Erectus, de conquérir le monde entier, profitant même des périodes de glaciation et de régression marine pour conquérir le nouveau continent. (Il reste sans doute une exception notable, l’Australie, qui n’a pu être conquise que par voie maritime, à quelque époque que ce soit, et selon les estimations actuelles il y a -40.000 ans, voire encore plus tôt - bel exploit à mettre au crédit de nos anciens...)

Tous les évolutionnistes et paléontologues qui se sont penchés sérieusement sur les origines de l’humanité convergent vers le constat suivant : l’apparition de la bipédie, donc de la marche à pied, a créé les conditions favorables à une plus grande utilisation des mains, désormais libérées pour fabriquer ou transporter divers objets, et a ainsi ouvert la voie au développement du cerveau. Changement de perspective permis par la station debout ? Nouveau mode de vie induit par le déplacement sur deux pieds ? Toujours est il que le résultat est là : Nous marchons sur nos pied, et cette pratique est encore aujourd’hui propice à la pensée et à la rêverie, ce qui n’est pas le moindre de ses avantages. En somme, selon Pascal Picq, « l’humanité a commencé par les pieds » !

Elle ne perdrait rien à s’en souvenir et à retrouver cette saine et digne pratique.

Mais pour revenir aux artefacts, tous ne doivent pas êtres mis dans le même panier. Certains possèdent la vertu de ne pas utiliser d’énergie fossile, de ne pas contribuer (ou si peu), à l’effet de serre, de ne pas polluer ni encombrer les villes. Ils ont de plus la vertu de stimuler d’une manière très efficace le cerveau, tant par l’effort de créativité nécessaire à leur conception, que par la bonne irrigation vasculaire que leur utilisation régulière favorise. Je veux parler bien sûr de la bicyclette, et surtout de tous ses avatars contemporains, désignés sous le terme englobant de « Véhicules à Propulsion Humaine » (VPH).

Ces derniers sont bien peu connus du grand public en France, et pourtant tout le monde gagnerait à ce qu’ils le soient plus et plus largement utilisés. Sous cette expression générique de VPH, on trouve notamment un dérivé relativement proche de la bicyclette, le vélo couché, dont l’avantage est d’offrir un bien meilleur rendement et plus de confort, le tout en toute sécurité, sans même parler du plaisir procuré.

Un vélo couché, avec un pilote heureux ! - 56.1 ko
Un vélo couché, avec un pilote heureux !

On y trouve aussi le « Vélomobile », qui commence à connaître une certaine popularité en Europe, notamment au Danemark, aux Pays Bas ou en Allemagne. Ce dernier offre à son utilisateur une position confortable, à l’abri des intempéries, et tout l’espace nécessaire pour emporter ses bagages. Le carénage des vélomobiles leur permet des performances inattendues pour des engins mus uniquement par la force musculaire de leur utilisateur. Ce sont de petites merveilles de technologie, parfois inspirées de l’aéronautique, et bénéficiant d’une longue expérience de la compétition, à travers les championnats organisés par l’IHPVA (International Human Powered Vehicle Association)

Un vélomobile : Et en plus, il y en a des beaux - 53.3 ko
Un vélomobile : Et en plus, il y en a des beaux

A travers ces deux exemples, on voit aussi que la bicyclette, qui a pourtant plus d’un siècle d’existence, garde encore un potentiel d’évolution considérable. Dans la panoplie des solutions dont nous disposons pour fluidifier les transports urbains et péri-urbains, elle mérite toute notre considération.

La bicyclette, les vélos couchés, les vélomobiles, sont des exemples de solutions innovantes sur lesquels nous pouvons compter pour les transports individuels aujourd’hui et demain. Leur utilisation plus large permettrait de réduire la pression automobile sur l’espace urbain, et offrirait des avantages significatifs en termes de santé publique (tant pour l’utilisateur que pour les riverains qui respirent après le passage des véhicules). Le tout « durablement ».

Cette diversité démontre aussi qu’une solution seule n’est jamais la solution, à quelque problème que se soit. Mais que plusieurs solutions prises ensembles, combinées et modulées en fonction des usages et des terrains, peuvent apporter des éléments de réponses pertinents.

Pour en savoir plus :

-  Frederik Van De Walle n’est pas seulement un grand champion des compétitions IHPVA (plusieurs fois champion du monde). Il est aussi diplômé d’un Mastère en Ingénierie de l’environnement et infrastructures soutenable. Il a rédigé avec brio sa thèse (en anglais), sur le Vélomobile comme moyen de transport soutenable. Elle est téléchargeable en ligne ici.

-  L’IHPVA, cité dans l’article, est la fédération internationale des associations et pratiquant pour tout ce qui touche aux véhicules à propulsion humaine (non seulement terrestre, mais aussi nautiques et aériens) : www.ihpva.org

-  France HPV est l’association Française, membre de l’IHPVA, regroupant les pratiquants en France. Elle organise régulièrement des rencontres, sur un mode sportif, convivial ou festif. Leur site, animé par Jean-Charles Gosselin, est visible ici : www.ihpva.org/chapters/france. C’est une mine d’information quasi exhaustive sur ce sujet. N’hésitez pas à naviguer à partir de leur page de liens.

-  La page de l’encyclopédie libre Wikipedia sur les vélomobiles.

-  Un site qui recense tous les vélomobiles disponibles commercialement, avec des liens vers les sites des fabricants.

-  Je vous recommande aussi le site de la Fubicy, fédération française des associations promouvant la pratique de la bicyclette comme moyen de transport, notamment urbain : www.fubicy.org

Autres articles de cette rubrique :

-  Quel transports, pour quelle société ?
-  L’école de la vie ?
-  Comment sortir de la voiture ?

Pour proposer un article dans cette rubrique, cliquez sur : "Participer au forum", ci-dessous.



Participer au forum
Espace Intranet
Login:
Mot de passe:

Dernières brèves
Noolithic "nommé" aux "Blogs de l’année 2005"
Une innovation majeure dans la propriété intellectuelle en biologie
Pourquoi restaurer la TIPP flottante serait une erreur

Articles récents
Quels défis pour l’éthique dans notre société technologique ?
Comment sortir de la voiture ?
Intelligence Collective, la révolution invisible

Nouveaux liens
Ligue ROC : Pour la préservation de la faune sauvage
Smily.be
Wikitution
TheTransitioner
© JBL - 2004