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De la difficulté nord occidentale à être intelligent autrement


Les modifications du climat sont dans l’ordre normal des choses.

Dans le système délimité clos que forme la Terre, l’ordre normal des choses est que chaque forme de vie dégrade les ressources en présence et les exploite pour son propre profit individuel et spécifique. L’ordre normal est aussi que, la disponibilité des ressources variant dans l’espace-temps, aux formes de vie dominantes succèdent d’autres formes de vie aptes à exploiter le milieu modifié par les précédentes.

Ceci est connu depuis longtemps : les exemples de successions de civilisations autant que de successions d’espèces dominantes sont multiples, dont ce que l’on apprend sur les bancs de la Fac en matière des successions phytoplanctoniques (exemple de la Mer Rouge) où en un temps très court, sur un simple coup de vent, une seule et unique espèce dominante, au point d’en rougir l’eau, disparaît, laissant alors place à une nouvelle compétition interspécifique vers une nouvelle dominance.

Vouloir s’opposer à cette réalité serait aussi vain que de prétendre s’opposer au balancement cyclique des marées ; la seule attitude productive dans les conditions qui se profilent à brève échéance, au vu des résultats donnés par les modèles de prévision climatique et en connaissance des répercussions sociales que l’on peut entrevoir, est de surfer ces modifications, tous sens aiguisés, et de se disposer à l’autocritique autant qu’à l’action. Plus trop de place aujourd’hui au seul larmoiement romantique ; une attitude plus "guerrière" serait sûrement plus d’actualité.

Mais pourquoi, malgré les enjeux en présence ne réagit-on pas devant ce tableau ?

Mon point de vue est le suivant :

Non, la Planète n’est pas en danger. S’il y a danger, c’est d’abord pour l’espèce humaine qui y domine, et dont l’immense succès déstabilise en cascade les équilibres dynamiques en place.

Non, l’homme n’est pas issu de la nature. Il en fait partie, au même titre que la bactérie, le dauphin ou le brin d’herbe. Il y suit son programme de vie. Comme toutes les autres espèces de la Planète, il dégrade la matière à sa portée pour assumer ses fonctions vitales de respiration, de digestion et d’excrétion, et gagne de l’espace en procréant lorsqu’il bénéficie des réserves suffisantes.

L’homme diffère des autres espèces par l’utilisation qu’il fait d’une multiplicité d’outils, par la parole qu’il pense, parle et écrit, et par son besoin de s’expliquer en vie. Ces particularités calibrent la qualité et l’étendue des sociétés qu’il construit ainsi que son impact sur l’environnement naturel avec lequel il interagit.

Malgré l’évolution de ses moyens scientifiques et techniques, l’homme s’explique encore en vie comme procédant du Droit Divin. Tout est justifié par lui et pour lui. Il vit pour fructifier, multiplier, emplir la terre et la conquérir, assujettir le poisson de la mer, le volatile des ciels, tout vivant qui rampe sur terre... et tout sur Terre lui est bon à manger... (cf. versets 28 à 30 de la Genèse). Dans ce droit fil, ses sociétés reposent sur un pari légitimé d’aspiration à toujours plus de confort, de sécurité et de longévité, encadré de valeurs morales basées sur une compréhension du concept d’amour duquel découlent l’ensemble de ses règles de bonne vie sociale, les modalités de la compétition interindividuelle, et les termes de son Droit et de sa Justice.

Jamais à ce jour le programme de vie sur Terre n’a impliqué à l’homme un quelconque respect de la nature. Aucune limitation autre que celle de l’obligation d’amour ne lui a jamais été opposée dans sa prétention à la jouissance. Le seul respect dont on parle est celui de l’ordre établi et des dominances relatives en place. Alors que les sciences et la technique affichent des résultats alarmants qui tous se rattachent au mode vie et à la prolifération des humains, qui va dire le tolérable ? Qui va statuer sur les limites à apporter au confort et à la sécurité ? Qui prétendra instituer des limites aux modalités de vie, à la naissance et à la longévité des hommes qui toutes interrogent droit de vie et droit de mort de chacun ?

Appeler planétairement au respect, limiter partout la prétention à la jouissance sans borne, remettre en cause le statut de la Liberté, restreindre la soif de prétentions au bonheur et aux standards de vie nord-américains basés sur la consommation et le gaspillage... Affaire politique ?

D’abord une énorme affaire philosophique, mélangée d’angoisse de mort et de culpabilité. Car c’est d’abord à la philosophie d’engendrer de nouveaux concepts de vie qui pourront être adoptés par tous, par-delà les langages, par-delà les religions, par-delà les coutumes et les traditions. Chantier primordial qui requiert, avec plus d’urgence chaque jour, que nous devenions intelligent autrement.

Conseil en Environnement Marin et Gestion de conflits, Psychanalyste

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