La métaphore du "buffet campagnard"


Vous êtes invité à une grande fête, par exemple pour célébrer un mariage, ou une naissance.

Les convives s’assoient sur les tables rondes installées autour d’un généreux et très appétissant buffet campagnard. L’ambiance à votre table et sympathique, la conversation s’attarde un peu quand vous constatez la file d’attente qui se forme pour l’accès au buffet. Vous vous levez donc et rejoignez avec vos amis la file d’attente. Vous patientez dans la bonne humeur en continuant à discuter.

Mais devant vous, les premiers arrivés au buffet se goinfrent, se servent et se resservent de généreuses assiettes, et partent avec les meilleurs bouteilles. Quand vous arrivez au buffet, le meilleur est déjà parti, et il ne reste plus grand chose. Ambiance...

Choquant, n’est-il pas ?

C’est pourtant ce que sommes en train de faire à nos enfants et à nos petits enfants. Ceux qui naissent aujourd’hui n’auront que les miettes du buffet. Ceux qui sont nés au mauvais endroit n’ont déjà que des miettes.

Ceux qui émettent le plus de gaz à effet de serre sont ceux qui souffriront le moins du bouleversement climatique. Ceux qui en émettent le moins seront ceux qui en souffrirons le plus.

Ceux qui se sont goinfrés des énergies fossiles sont ceux qui auront le plus les moyens technologiques de faire face à la crise énergétique, en trouvant des solutions de substitution.

Les populations aisées et urbaines du nord, pour qui la biodiversité n’est qu’un concept un peu abstrait, à la limite de l’esthétisme, ne souffrent pas trop de son érosion. Bien moins que ceux qui doivent y puiser chaque jour de quoi assurer leur subsistance.

Et ainsi à l’avenant. Vous avez dit responsabilité ?



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